La femme adultère.
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Le début de cet évangile nous montre Jésus qui retourne au temple de Jérusalem, et là, il se met à enseigner. Arrivent des scribes et des pharisiens qui lui amènent une femme coupable d'adultère. Aussitôt, ils posent la question piège à Jésus : "Et toi, qu'en dis-tu ?"
Cette question est toujours d'actualité : Que dis-tu de tous ces escrocs qui s'enrichissent sur le dos des plus pauvres ? Que dis-tu de ces sauvageons des quartiers de nos villes qui ne connaissent que le langage de la violence ? Que dis-tu de ceux qui s'attaquent aux plus faibles ? La liste pourrait s'allonger
Nous aurions tendance à penser comme les scribes et les pharisiens : ils méritent d'être punis très sévèrement. Mais ce qui est important aujourd'hui, ce n'est pas de nous arrêter à ce que nous estimons juste mais de voir ce qu'en dit la Parole de Dieu et de nous laisser interpeller par elle.
C'est vrai que la loi de Moïse condamnait ce péché. Mais en cas de délit d'adultère, cette loi prescrivait de punir les deux coupables. Or les scribes ont laissé l'homme tranquille. Pourtant, lui aussi, il aurait dû subir la même condamnation. Mais dans le cas présent, Jésus voudrait inviter les scribes, les pharisiens et chacun d'entre nous à faire un pas de plus. Il a une bonne nouvelle pour les pécheurs que nous sommes : Quand Dieu parait au tribunal des hommes, ce n'est pas dans le rôle du procureur qui accuse implacablement mais dans celui d'un avocat de la défense. Et Jésus nous dit qu'il n'est pas venu pour juger le monde mais pour le sauver.
Nous avons tous beaucoup de mal à avoir ce regard de Dieu sur ceux qui nous entourent. Nous avons souvent tendance à dire du mal des autres, à les critiquer et à les enfoncer dans leur passé et leur mauvaise réputation. Aujourd'hui, Jésus voudrait nous faire comprendre que cette attitude c'est du poison et du venin. Elle empoisonne le climat fraternel qu'il devrait y avoir entre nous. Tout cela finit par se retourner contre l'auteur de ces propos malveillants.
Si nous allons jusqu'au bout de cet évangile, nous découvrons de la part de Jésus une réponse imprévue et étonnante : elle ne vise pas la coupable mais ceux qui veulent la condamner au nom de la loi. Ils sont tous renvoyés à eux-mêmes : "Celui qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre." Alors, nous dit l'évangile, ils se retirent tous en commençant par les plus âgés.
Nous devons bien comprendre que devant le Seigneur, nous sommes tous pécheurs. Aujourd'hui, il continue à nous renvoyer à nous-mêmes. En jugeant sévèrement les coupables, nous nous condamnons nous aussi. La mesure dont nous nous nous servons pour eux servira aussi pour nous. Qui sommes-nous pour condamner alors que nous avons tant besoin qu'on nous pardonne ?
Les exécuteurs de la loi se sont retirés. Ils ont lâché les pierres qu'ils tenaient dans leurs mains. Les dernières paroles de Jésus sont pour la femme : "Moi non plus je ne te condamne pas. Va et désormais ne pèche plus !" Entendons-nous bien : il n'est pas question pour lui de justifier le mal. Le péché reste toujours un péché et il faut le combattre. Mais le pécheur reste un homme, une femme que Jésus veut sauver. Il est venu pour que tous aient la vie en abondance.
Chacun peut imaginer la joie de cette femme qui est là devant Jésus. Tout d'abord, elle échappe à une mort atroce. Mais surtout, une nouvelle route s'ouvre à elle. Elle découvre qu'elle est aimée au-delà de son péché. Grâce à ce pardon de Jésus, elle n'est plus enfermée dans son passé, son infidélité et sa réputation. Elle a trouvé quelqu'un qui lui a permis de un nouveau départ dans la confiance : "Va et désormais ne pèche plus."
Nous sommes tous appelés à faire cette expérience de Dieu, en particulier dans le sacrement du pardon. C'est là que nous découvrons la grandeur de cet amour de Jésus pour nous et pour nos frères et surs. Il est d'abord et avant tout celui qui ne cherche qu'à nous sauver et nous relever. Et surtout, il ne nous confond jamais avec notre péché. Il nous ouvre un chemin de vérité et de vie. Nous n'avons plus à ressasser le passé qui nous accable mais à marcher résolument vers l'avenir que Dieu crée en nous.
Tout au long de ce carême, le Christ nous accompagne. Il est là "au cur de nos vies. Il nous envoie avec cette parole d'espérance : "Va et désormais ne pèche plus."
Jean C (D'après diverses sources)
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