2ème dimanche de Carême
2ème dimanche de Carême
Moïse et Elie, deux hommes de la montagne sont là. Ils sont les principaux témoins de l'ancienne alliance. Eux aussi avaient rencontré Dieu. Pour Moïse, c'était au Sinaï, dans le fracas et la fureur de l'orage. Pour Elie, c'était au mont Horeb. Dieu s'y est manifesté dans le bruit d'une brise légère. L'un l'autre y ont entendu la voix de Dieu. Sur la montagne du Thabor, ils s'entretiennent avec Jésus sur son départ prochain, sa Passion, sa mort et sa résurrection. C'est cela qui était au cur de la prière du Christ.
L'Evangile de Luc est le seul à noter que cet événement de la Transfiguration a lieu au cours de cette prière de Jésus. Les disciples sont les témoins privilégiés de cette communion très forte et très intime entre lui et le Père. C'est à un tel point que cela devient visible pour ceux qui sont là autour de lui. "L'effet de la prière se voit parfois chez les saints au rayonnement du visage" (Père Lagrange). Et si notre prière arrivait à nous changer ! Si ces moments de partage et de contemplation face au Seigneur pouvaient nous transformer ! Cela vaut la peine d'y réfléchir, tout spécialement en cette période de Carême.
C'est vrai qu'il nous arrive de connaître des moments de grâce et d'illumination dans notre prière. C'est un peu comme si elle nous soulevait. Nous en sommes repartis pleins de force et d'enthousiasme pour affronter les épreuves de la vie. C'est là que nous avons fait le plein d'énergie et de joie. Saint Ignace nous dit que cette joie est un des fruits de l'Esprit Saint tandis que la tristesse et le découragement trahissent la présence de Satan, l'adversaire.
Mais il y aurait danger à vouloir s'installer dans ce confort spirituel. Sur la montagne, Pierre se sentait tellement bien qu'il voulait bâtir trois tentes, une pour Jésus, une pour Moïse et une pour Elie, tout cela sans se préoccuper de ceux qui étaient en bas. C'est pour nous protéger de cette tentation que Jésus ne permet que rarement ce moment de Thabor dans notre vie spirituelle. Oui, bien sûr, cela peut arriver, et dans ce cas, il faut savoir rendre grâce au Seigneur. Mais la vraie prière doit aussi nous amener à redescendre de la montagne pour marcher longuement dans la monotonie des plaines spirituelles.
Ce qu'il nous faut bien comprendre c'est que la prière ce n'est pas d'abord nous. Dans la prière, c'est l'Esprit Saint qui prie en nous. Elle est dépossession de nous-mêmes pour lui laisser toute sa place dans notre vie. Nous pouvons connaître des moments très intenses. Mais il arrive aussi que la lumière s'en aille. Ne soyons pas déçus. Jésus est toujours là. Et comme les disciples, nous pouvons toujours lui demander de nous apprendre à prier. Alors lui-même nous répond : "Quand vous priez, dites : Notre Père " Voilà, tout est dit ; il s'agit de laisser monter de notre cur ce mot d'amour et de tendresse vers ce Père qui n'a jamais cessé de nous aimer.
En ce temps de Carême, nous sommes invités à changer nos curs pour revenir vers le Christ Lumière du monde. La prière est l'un des chemins qui nous permettront de nous rapprocher de lui. La voix du Père ne se fait plus entendre de la même manière mais elle ne cesse de nous rappeler que nous devons écouter son Fils bien aimé et le suivre jusqu'au bout. La prière nous permettra de mieux comprendre le projet de Dieu pour qu'il devienne notre projet. Elle nous aidera à changer notre regard sur les personnes et les choses pour adopter celui de Dieu.
Cette rencontre avec Dieu nous demandera toujours un effort. Pierre, Jacques et Jean avaient envie de dormir ce jour-là. Et nous verrons qu'il en sera de même pendant la prière de Jésus au mont des Oliviers avant sa Passion. La même tentation nous guette tous. Si notre prière est vide, ce n'est pas dû à l'absence ce Dieu. C'est nous qui ne sommes pas présents à lui. Nous avons facilement tendance à nous assoupir et à vivre ce Carême comme les autres jours de l'année.
En ce jour, souvenons-nous que Jésus n'a pas seulement prié dans l'éblouissement du Thabor. Il y a eu aussi la prière de Gethsémani et celle de la croix. Dans nos moments douloureux, nous pouvons, nous aussi, crier notre désarroi avec Jésus en croix. Et sous l'inspiration de l'Esprit Saint, nous pouvons aussi faire l'acte d'abandon au Père : "Père, je remets mon esprit entre tes mains." (Luc 23. 46)
Chaque dimanche, nous rencontrons Dieu dans sa Parole et son Eucharistie. Ce temps passé auprès de lui avec nous frères voudrait être le temps de la transfiguration. En cette période de Carême, laissons-nous éclairer par le Christ pour que notre regard et notre visage disent quelque chose de l'amour de Dieu.
(D'après diverses sources) Jean Compazieu, prêtre de l'Aveyron ( 04/03/2007)
Do You Yahoo!? La mejor conexión a Internet y 2GB extra a tu correo por $100 al mes. http://net.yahoo.com.mx
Libellés : liturgie

0 Comments:
Enregistrer un commentaire
<< Home