Fête de l'Epiphanie
Fête de l'Epiphanie.

Nous venons de vivre Noël et le nouvel an. Et aujourd'hui, nous voici parvenus à une nouvelle fête. Que va-t-on pouvoir ajouter de plus ? Certains petits malins diront : "La galette !" En effet, au moment du dessert, la tradition veut que l'on "tire les rois". On a beau dire que les mages n'étaient pas des rois mais rien n'y fait. De toute manière, l'essentiel n'est pas de comprendre comment les choses se sont passées mais d'accueillir la bonne nouvelle nous livre cet évangile.
La tradition nous parle de trois "rois mages". Or dans ce récit, il n'y a pas trois rois mais seulement deux.
Le premier c'est Hérode "le Grand". On lui doit la reconstruction du Temple de Jérusalem. Mais c'était surtout un homme d'une très grande cruauté ; il n'avait pas hésité à tuer ses trois enfants pour préserver son pouvoir. Ce n'est pas ce roi que nous fêtons en ce jour.
Le deuxième roi, c'est celui qui vient de naître et que les mages viennent chercher. Dans le ciel, ces derniers ont vu son étoile et ils y ont reconnu un signe qui annonçait la naissance d'un nouveau roi. Ils se sont mis en route avec la ferme intention de se prosterner devant lui. Naturellement, ils commencent à le chercher dans le palais d'un roi. Les mages sont des grands de ce monde et ils imaginent le nouveau roi issu de leur milieu. Ils ont avec eux des cadeaux royaux. Les cadeaux que l'on fait habituellement aux chefs d'Etat sont une manière de montrer sa richesse, sa puissance et son génie.
Cette nouvelle suffit à terroriser Hérode qui croit à un complot contre son pouvoir. Alors, il va tout entreprendre pour étouffer la rébellion dans le sang. Il commence par envoyer les mages à Bethléem en leur recommandant de revenir lui rendre compte. Ces derniers se remettent donc en route et finissent par trouver le "Roi des Juifs dans ce petit enfant de la crèche.
Cet évangile est porteur d'une bonne nouvelle qui vaut aussi pour nous aujourd'hui :
Les mages sont des païens, des gens qui ne connaissent pas la Bible. Or voilà que l'annonce de la naissance du Roi des Juifs est aussi pour eux. Comprenons bien : Saint Matthieu écrit son Evangile bien après la résurrection de Jésus. Il s'adresse à des chrétiens d'origine juive qui hésitent à accueillir les païens convertis. On se demande si ces hommes et ces femmes qui ne pratiquent pas la loi de Moïse peuvent devenir chrétiens. C'est pour répondre à cette question que Matthieu a écrit ce récit de la visite des mages.
Le message est clair : Le Fils de Dieu est venu dans notre monde pour tous, y compris pour ceux qui sont étrangers à la foi des chrétiens. Le mot "Epiphanie" signifie "manifestation". Cette fête nous annonce donc que Dieu se manifeste à tous. La nuit de Noël, la bonne nouvelle était annoncée aux bergers, et à travers eux, à tous les pauvres. Aujourd'hui, ce sont les étrangers qui en sont les bénéficiaires. Aucun obstacle ne peut venir de la race, de la culture ni de l'origine religieuse. Dieu se manifeste à tous et à chacun pourvu que l'on soit en recherche. Dans certaines églises, les chrétiens ne sont pas nombreux habituellement. Mais en ce jour, elles sont pleines. En effet, les chrétiens qui ont réfléchi à cet évangile ont invité tous les étrangers de leur quartier. C'est une manière de montrer que Jésus est venu pour tous les hommes.
Comme il l'a fait pour les mages, Dieu a donné à chaque homme une étoile pour les guider vers le beau et le bien, vers son Royaume d'amour. Cette fête de l'Epiphanie c'est aussi celle de tous les chercheurs de Dieu. C'est comme une grande caravane qui se met en route à la suite de l'étoile et qui finit par trouver celui qu'elle cherche. Chacun de nous pense à ces milliers de jeunes qui ont quitté leur pays pour participer aux Journées Mondiales de la Jeunesse ou à des rassemblements à Taizé. Eux aussi sont en recherche de Dieu, Celui qui est l'Amour, Celui qui apporte la joie de vivre et de donner, la joie de partager avec les autres et de fraterniser avec les inconnus que l'on rencontre.
Cet appel de l'étoile est aussi pour nous aujourd'hui. Comme les mages nous sommes tous invités à nous rendre à la crèche pour adorer l'enfant Jésus. Nous allons à lui avec le meilleur de nous-mêmes, tout ce qui fait notre vie, notre travail de la semaine, telle ou telle réalisation dont nous sommes fiers. Nous pouvons aussi lui apporter ce qui ne se voit pas, tel service que l'on a rendu, une visite à un malade, un effort pour être plus aimable. A chacun de voir ce qu'il peut offrir.
Et quand nous avons rencontré le Seigneur, nous pouvons comme les mages repartir "par un autre chemin". Cela signifie que nous ne nous laisserons plus enfermer dans notre passé ni dans la routine. Le chemin ouvert par Jésus est toujours nouveau. Laissons-nous guider par lui. C'est avec lui que 2007 sera une bonne année.
(D'après diverses sources.)
Jean
Libellés : liturgie

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