mardi, novembre 14, 2006

33ème dimanche du temps ordinaire

33ème dimanche du temps ordinaire 
Première Lecture
Psaume
Deuxième Lecture
Evangile
Nous voici à l'approche de la fin de l'année liturgique. Les textes bibliques de ce dimanche veulent attirer notre attention vers le retour du Christ à la fin des temps. Pour cela, elles utilisent un langage spécial qu'on n'utilise plus actuellement mais qui était très courant à l'époque. C'est celui des apocalypses. Quand nous entendons ce mot, nous avons l'habitude de penser "catastrophe". Un jour, suite à un tremblement de terre, quelqu'un disait : "C'était vraiment l'apocalypse !"

Eh bien, non, l'apocalypse n'est pas un livre de catastrophe mais un livre écrit en période de catastrophe, ce qui n'est pas la même chose. Quand Marc écrit son évangile, nous sommes en l'an 70. Les légions romaines encerclent Jérusalem. Le temple va être détruit. A Rome, l'empereur Néron persécute les chrétiens. Saint Pierre va subir le martyre avec beaucoup d'autres. Les communautés chrétiennes sont découragées. Tous en sont à se demander si Dieu ne les aurait pas abandonnés.

Ce texte d'aujourd'hui est un message d'espérance qui voudrait leur apporter du réconfort dans l'épreuve. Non, Dieu n'abandonne pas son peuple et il ne le fera jamais. Le Christ est ressuscité et sur lui, les forces du mal n'ont aucun pouvoir. Ce qui est le plus important c’est de rester sur nos gardes, bien en éveil. Ainsi quand le Seigneur reviendra, nous ne serons pas pris au dépourvu. Ce que Dieu nous révèle, c'est qu'un nouveau monde surgira. Car Dieu fait sans cesse rejaillir la vie, rejaillir du Nouveau. Cette nouvelle création, ce monde nouveau, ce sera celui que Dieu avait en vue de toute éternité ; ce sera le grand rassemblement, la grande réconciliation de tous les hommes et de tous les peuples en Jésus Christ, dans la plénitude de la vie de Dieu.

Ce texte de l'apocalypse nous rejoint aujourd'hui dans la situation qui est la nôtre. Presque chaque jour, nous voyons des gens qui ne tiennent pas sous le choc de ce qui arrive. Nous pensons aux grandes tempêtes de la fin de l'année 1999, aux pollutions maritimes de ces dernières années, aux attentats, aux maladies, la famine. La barbarie terroriste est toujours là, menaçante.

Les lectures de ce jour voudraient nous préparer non à la fin du monde mais à la fin des "petits mondes" dans lesquels nous nous sommes installés. Nous vivons dans l'illusion du définitif. En fait, nous évoluons dans le provisoire. Il faut si peu de choses pour que tout bascule dans notre vie : la mort d'un être cher, la perte d'un emploi, un accident, une maladie grave, un échec. Nous ne sommes même pas sûrs de lendemain. L'appel du Seigneur à la vigilance est à prendre au sérieux.

Mais être vigilant ne veut pas dire sombrer dans le pessimisme et se résigner. L'évangile nous invite au contraire à une attente optimiste. Quand Jésus adresse ces paroles aux siens, il est à quelques jours de sa Passion. Et il annonce l'été de la résurrection pour lui et pour le monde. "Quand les branches du figuier deviennent tendres, quand les bourgeons éclatent, vous savez que l'été est proche. De même, le jour approche où le Royaume de Dieu se réalisera dans sa plénitude. "

Si Dieu nous a créés, ce n'est pas simplement pour vivre quelques dizaines d'années dans ce monde fragile et changeant où nous sommes tellement limités et bouleversés, alors que nos désirs tendent vers l'infini. Si Dieu nous a fait vivre dans ce monde, c'est pour que nous préparions le monde nouveau, en sorte qu'il soit un peu notre œuvre. Monde d'amour, où chacun trouvera sa joie dans le bonheur des autres. Monde de justice, où toute personne humaine aura sa part de bonheur et de vie. Monde de paix, où tous les hommes auront entre eux des relations vraiment fraternelles, dans la tolérance et la compréhension à l'égard de ceux qui sont différents par leur culture, leur religion ou leurs croyances. Monde où nous verrons Dieu, comme disait Job, ce Dieu que beaucoup cherchent sans le savoir. L'apocalypse nous le dit : "Dieu demeurera avec les hommes, il essuiera toutes les larmes de leurs yeux, il n'y aura plus ni mort, ni cris ni souffrance, car le monde ancien aura disparu."

Comment croire à tout cela ? - Je n'ai aucune preuve à fournir ; chacun est parfaitement libre d'y croire ou non. Mais c'est notre foi. J'y crois parce que c'est notre foi ; je crois en Dieu qui ne nous a pas créés pour un néant éternel, mais qui fait sans cesse rejaillir la vie quoi qu'il arrive. Je fais confiance en Jésus qui nous redit : "Je suis la Résurrection et la vie." Quand Jésus nous parle de résurrection et de vie, ce n’est pas seulement pour après la mort. C’est aujourd’hui que chacun est appelé à une vie renouvelée. C’est là tout le sens de la journée du Secours Catholique : Construire un monde plus solidaire et plus fraternel dans lequel chacun aura vraiment sa place.

Alors oui, restons éveillés ! Les bourgeons qui annoncent l'été sont bien là. Le message de l'évangile ne cesse de bourgeonner même si cela ne fait pas la une des médias. "Un arbre qui tombe fait plus de bruit que toute la forêt qui pousse." Préparons de tout notre cœur, dès maintenant, ce Royaume d'amour, de justice et de paix où Dieu veut rassembler tous les hommes dans une réconciliation universelle en Jésus Christ.
D'après diverses sources

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