27ème dimanche du temps ordinaire Jean Compazieu
Le maître mot des lectures bibliques de ce dimanche c'est la foi. A ce sujet, beaucoup de gens se trompent. Ils affirment croire en quelque chose. En fait la foi c'est bien plus qu'une opinion, bien plus que la conclusion d'une réflexion ou d'un raisonnement. Elle est d'abord un élan, une adhésion, un engagement de la personne envers son Dieu. Le verbe croire est beaucoup trop faible pour traduire cette réalité. Le plus important c'est de s'appuyer sur Dieu, d'écouter sa parole comme on écoute avec bonheur les paroles de celui en qui on a vraiment confiance. Tout cela ne sera vraiment possible que si nous avons les oreilles et le c?ur vraiment ouverts. C'est un effort à reprendre chaque matin.
Dans la première lecture, nous voyons le prophète face à la violence des méchants et des puissants. Et nous aussi, nous sommes souvent démoralisés par toute cette montée de la violence, ces voitures piégées, ces bombes terroristes, ces agressions dans les rues, les collèges... Nous comprenons la plainte du prophète Habacuc, quand il crie, face au silence apparent de Dieu : "Combien de temps, Seigneur, vais-je t'appeler au secours, et tu n'entends pas, crier contre la violence, et tu ne délivres pas !" Ce cri de souffrance est toujours d'actualité. Nous éprouvons dans notre chair la douleur du monde, la violence déchaînée. Mais nous, chrétiens, nous savons où puiser notre force pour libérer l'humanité.
Mgr Coffy disait : "Le croyant ne vit pas une autre vie que la vie ordinaire, il vit autrement la vie ordinaire." Il s'appuie sur Dieu. Il ne peut pas se contenter d'une foi routinière faite de formalismes dogmatiques et de dévotions plus ou moins magiques. Il comprend que sa foi doit être nourrie de la parole de Dieu et qu'elle doit être active et vivifiante. Avec l'aide de l'Esprit Saint, nous devons être prêts à raviver le feu de la grâce qui risque de s'éteindre.
Comme Habacuc et comme les apôtres, nous sommes invités à nous tourner vers notre Dieu. Nous lui demandons d'augmenter en nous la foi. Et dans l'Evangile Jésus en appelle à notre responsabilité. La foi n'est pas une démission. L'espérance n'est pas une résignation. Jésus compare la foi à une énergie fantastique capable de soulever le monde. C'est comme une graine microscopique qui peut déplacer les montagnes. Ces montagnes qui nous bloquent, nous les connaissons bien : c'est l'indifférence, l'immobilisme, la peur de nous engager, l'égoïsme sous toutes ses formes. C'est à ce combat de tous les jours que nous sommes appelés.
Le Seigneur compte sur nous. Il nous confie des responsabilités dans ce monde où nous vivons. Il ne fait pas le travail à notre place mais il nous donne la force intérieure dont nous avons besoin si nous savons la lui demander. Cette force c'est celle de son Esprit Saint. Il nous la donne pour que nous devenions créateurs avec lui. Mais il ajoute que nous sommes des "serviteurs quelconques." Le principal travail, c'est Dieu qui le fait. Nous ne sommes que des instruments, heureusement. Un instrument ne peut rien à lui tout seul, mais il est indispensable. Ne nous vexons pas de ce titre de "serviteurs quelconques". Il nous faut comprendre : "Vous n'êtes que des serviteurs." Nous sommes engagés dans une mission qui nous dépasse. Nous ne sommes que des subalternes. Heureusement pour nous car nous ne sommes pas assez solides pour porter la responsabilité de transformer le monde. Les paroles de Jésus ne sont pas dures mais encourageantes. Elles signifient simplement que la principale responsabilité ne repose pas sur nous. Et c'est un soulagement.
Mais nous ne sommes pas pour autant des inutiles. Si Dieu nous appelle c'est qu'il compte sur nous. C'est avec notre travail quelconque qu'il fait son ?uvre. Tout cela doit nous remplir de fierté mais sans nous inquiéter. Il nous demande seulement d'être des serviteurs. Le responsable c'est lui. Il suffit d'un peu de foi en nous pour que Dieu fasse des miracles, à condition que nous la mettions à son service. Nous sommes donc invités à compter sur la puissance de Dieu. C'est lui qui agit et non pas notre foi petite ou grande. Nous donnons le meilleur de nous-mêmes dans l'annonce de l'évangile et dans la construction d'un monde plus juste et plus fraternel. Mais rien ne sera possible si nous ne nous appuyons pas sur le Christ dans une prière fervente.
Chaque dimanche, nous venons puiser à la source ; nous accueillons la Parole de Dieu ; nous allons communier au Corps du Christ. Cette nourriture ne produit son plein effet qu'en nous ouvrant à l'amour du Père et de tous nos frères. C'est l'accueil de cette parole de Dieu et l'Eucharistie qui nourrissent la foi et qui nous rendent capables d'agir pour le Christ et avec lui.
D'après diverses sources Jean Compazieu, prêtre de l'Aveyron ( 07/10/2007)
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