lundi, octobre 08, 2007

27ème dimanche du temps ordinaire Jean Compazieu

27ème dimanche du temps ordinaire 
 
Première Lecture
Psaume
Deuxième Lecture
Evangile

La foi

Le maître mot des lectures bibliques de ce dimanche c'est la foi. A ce sujet, beaucoup de gens se trompent. Ils affirment croire en quelque chose. En fait la foi c'est bien plus qu'une opinion, bien plus que la conclusion d'une réflexion ou d'un raisonnement. Elle est d'abord un élan, une adhésion, un engagement de la personne envers son Dieu. Le verbe croire est beaucoup trop faible pour traduire cette réalité. Le plus important c'est de s'appuyer sur Dieu, d'écouter sa parole comme on écoute avec bonheur les paroles de celui en qui on a vraiment confiance. Tout cela ne sera vraiment possible que si nous avons les oreilles et le c?ur vraiment ouverts. C'est un effort à reprendre chaque matin.

Dans la première lecture, nous voyons le prophète face à la violence des méchants et des puissants. Et nous aussi, nous sommes souvent démoralisés par toute cette montée de la violence, ces voitures piégées, ces bombes terroristes, ces agressions dans les rues, les collèges... Nous comprenons la plainte du prophète Habacuc, quand il crie, face au silence apparent de Dieu : "Combien de temps, Seigneur, vais-je t'appeler au secours, et tu n'entends pas, crier contre la violence, et tu ne délivres pas !" Ce cri de souffrance est toujours d'actualité. Nous éprouvons dans notre chair la douleur du monde, la violence déchaînée. Mais nous, chrétiens, nous savons où puiser notre force pour libérer l'humanité.

Mgr Coffy disait : "Le croyant ne vit pas une autre vie que la vie ordinaire, il vit autrement la vie ordinaire." Il s'appuie sur Dieu. Il ne peut pas se contenter d'une foi routinière faite de formalismes dogmatiques et de dévotions plus ou moins magiques. Il comprend que sa foi doit être nourrie de la parole de Dieu et qu'elle doit être active et vivifiante. Avec l'aide de l'Esprit Saint, nous devons être prêts à raviver le feu de la grâce qui risque de s'éteindre.

Comme Habacuc et comme les apôtres, nous sommes invités à nous tourner vers notre Dieu. Nous lui demandons d'augmenter en nous la foi. Et dans l'Evangile Jésus en appelle à notre responsabilité. La foi n'est pas une démission. L'espérance n'est pas une résignation. Jésus compare la foi à une énergie fantastique capable de soulever le monde. C'est comme une graine microscopique qui peut déplacer les montagnes. Ces montagnes qui nous bloquent, nous les connaissons bien : c'est l'indifférence, l'immobilisme, la peur de nous engager, l'égoïsme sous toutes ses formes. C'est à ce combat de tous les jours que nous sommes appelés.

Le Seigneur compte sur nous. Il nous confie des responsabilités dans ce monde où nous vivons. Il ne fait pas le travail à notre place mais il nous donne la force intérieure dont nous avons besoin si nous savons la lui demander. Cette force c'est celle de son Esprit Saint. Il nous la donne pour que nous devenions créateurs avec lui. Mais il ajoute que nous sommes des "serviteurs quelconques." Le principal travail, c'est Dieu qui le fait. Nous ne sommes que des instruments, heureusement. Un instrument ne peut rien à lui tout seul, mais il est indispensable. Ne nous vexons pas de ce titre de "serviteurs quelconques". Il nous faut comprendre : "Vous n'êtes que des serviteurs." Nous sommes engagés dans une mission qui nous dépasse. Nous ne sommes que des subalternes. Heureusement pour nous car nous ne sommes pas assez solides pour porter la responsabilité de transformer le monde. Les paroles de Jésus ne sont pas dures mais encourageantes. Elles signifient simplement que la principale responsabilité ne repose pas sur nous. Et c'est un soulagement.

Mais nous ne sommes pas pour autant des inutiles. Si Dieu nous appelle c'est qu'il compte sur nous. C'est avec notre travail quelconque qu'il fait son ?uvre. Tout cela doit nous remplir de fierté mais sans nous inquiéter. Il nous demande seulement d'être des serviteurs. Le responsable c'est lui. Il suffit d'un peu de foi en nous pour que Dieu fasse des miracles, à condition que nous la mettions à son service. Nous sommes donc invités à compter sur la puissance de Dieu. C'est lui qui agit et non pas notre foi petite ou grande. Nous donnons le meilleur de nous-mêmes dans l'annonce de l'évangile et dans la construction d'un monde plus juste et plus fraternel. Mais rien ne sera possible si nous ne nous appuyons pas sur le Christ dans une prière fervente.

Chaque dimanche, nous venons puiser à la source ; nous accueillons la Parole de Dieu ; nous allons communier au Corps du Christ. Cette nourriture ne produit son plein effet qu'en nous ouvrant à l'amour du Père et de tous nos frères. C'est l'accueil de cette parole de Dieu et l'Eucharistie qui nourrissent la foi et qui nous rendent capables d'agir pour le Christ et avec lui.
D'après diverses sources
Jean Compazieu, prêtre de l'Aveyron ( 07/10/2007)



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mardi, août 28, 2007

22ème dimanche du temps ordinaire

22ème dimanche du temps ordinaire 
Première Lecture
Psaume
Deuxième Lecture
Evangile
La dernière place

Aujourd'hui, Jésus est invité à un repas. Il observe ce qui se passe. Les invités entrent dans la salle à manger. Certains restent dans l'entrée et attendent qu'on leur indique une place. Pendant ce temps, d'autres vont directement vers les places d'honneur comme si elles leur étaient dues. Mais si quelqu'un de plus important arrive au dernier moment, le maître de maison s'empressera de leur offrir la première place. Quant au prétentieux qui s'y était installé, il devra refluer et sera couvert de honte.

C'est ce qui se passait à ce repas où Jésus était invité. Les pharisiens allaient spontanément vers les places d'honneur. Ils appréciaient toutes les marques d'honneur qu'on leur témoignait. A plusieurs reprises, Jésus n'avait pas manqué de mettre ses disciples en garde contre cette suffisance des pharisiens. Aujourd'hui, il nous donne des conseils très clairs : "Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place…" Ce conseil, Jésus se l'est appliqué à lui-même. Au soir du Jeudi Saint, il a pris la place de l'esclave pour se mettre au service de ses disciples en leur lavant les pieds.

Cet évangile nous rejoint dans ce que vit notre humanité. Dans notre monde, on donne beaucoup de place au "paraître". On veut être le meilleur et dominer les autres. Dans certains couples mais aussi dans les associations, les lieux de travail et autres lieux de vie, nous assistons à un véritable bras de fer entre des fortes personnalités. Une lutte de pouvoir s'instaure pour avoir la première place. On cherche absolument à être le meilleur et le plus fort. Aujourd'hui, le Christ nous montre les inconvénients de cette vanité. Il nous rappelle la stupidité du "paraître" et de l'orgueil. Et surtout il nous révèle le merveilleux de l'humilité.

La meilleure illustration de cet évangile, nous la trouvons dans la vie de la Vierge Marie. C'était la femme la plus effacée du monde. Aujourd'hui, elle est la plus honorée. Les paroles du Magnificat nous le disent : "Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles…" Nous avons aussi le témoignage merveilleux de l'humble carmélite Thérèse de Lisieux. A sa mort, on se demandait ce qu'on pourrait dire d'elle car elle n'avait rien fait qui vaille la peine d'être raconté. Or 4600 livres ont été écrits sur elle. Elle qui n'avait rien fait d'extraordinaire a été canonisée (déclarée sainte). Elle avait compris que l'orgueil rend stupide et éloigne de Dieu. Au contraire, l'humilité est le chemin royal vers la sainteté. Elle donne du prix aux choses les plus simples.

Cet évangile nous invite à nous tourner vers Dieu. C'est là que nous comprenons mieux la grandeur et la nécessité de l'humilité. Face à lui, nous découvrons que nous ne pouvons pas nous suffire nous-mêmes. Nous ne pouvons que nous en remettre à lui. Tout cela ne sera possible que si nous révisons l'image que nous nous faisons de notre Dieu ; on se le représente comme un Dieu "tout-puissant", un peu comme un colosse en acier inoxydable. Cette représentation n'est que la projection à l'infini de l'orgueilleuse prétention des puissants de ce monde. Le vrai Dieu est humble car il est amour et l'amour ne se dit jamais supérieur.

Tout l'évangile nous dit cette bonne nouvelle d'un Dieu amour. C'est cet amour qui amène Jésus à prendre la dernière place. Il a choisi d'être du côté des petits, des humbles, des exclus. Ceux qui ne comptent pas sont très importants aux yeux de Dieu. Ils ont la première place dans son cœur. Si nous voulons trouver le Christ, c'est auprès d'eux qu'il nous donne rendez-vous. Si nous les méprisons, nous péchons contre l'amour qu'il leur porte. Cet amour est universel. Il compte sur nous pour que nous en soyons les témoins.

C'est en suivant le Christ et en vivant comme lui dans l'humilité et la générosité que nous trouverons la vraie joie. Cette semaine, nous pourrions peut-être réfléchir à la place que nous occupons dans notre travail, notre service. C'est là que le Christ nous attend. Dans un monde où tout se paie, il faudrait qu'on reconnaisse les chrétiens au don gratuit qu'ils font de leur personne et de leur temps au service des plus pauvres. Si les chrétiens ne suivent pas l'exemple de leur Maître, leur témoignage perdra vite toute sa consistance.

Nous avons tous entendu parler de Charles de Foucauld. Au départ, c'était un officier gourmand, paresseux, entêté et noceur. Un jour, il a écouté un sermon de l'abbé Huvelin qui disait : "Jésus a tellement pris la dernière place que personne ne pourra jamais la lui ravir". C'est cette parole qui a provoqué la conversion de Charles de Foucauld. Par la suite, il s'est retiré à Nazareth pour chercher la dernière place ; il a voulu vivre au même endroit la condition humble et cachée de Jésus de Nazareth. Il ira ensuite se perdre dans la solitude désertique du Sahara au milieu des Touareg. Charles de Foucauld n'a fait que suivre le Christ sur le chemin difficile de l'amour. Il ne s'agit plus de monter en grade, de grimper les échelons des carrières humaines, mais de descendre, d'aimer jusqu'au bout, d'aimer jusqu'à donner sa vie.

En célébrant cette Eucharistie, rendons grâce au Seigneur de nous y avoir invités. Il s'est fait le "serviteur" de tous ; il est venu bouleverser les préséances au festin des noces en donnant la première place aux petits et aux humbles ; il a lavé les pieds de ses disciples. Et surtout il nous invite à la vraie grandeur, celle qu'il partage ave le Père et l'Esprit Saint pour les siècles des siècles. Amen
D'après diverses sources.
Jean C, prêtre de l'Aveyron ( 02/09/2007)



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vendredi, août 10, 2007

Assomption de Marie

 
 Assomption de Marie
 
    Lectures du jour
En cette fête de l'Assomption, les chrétiens se réunissent nombreux dans les divers sanctuaires dédiés à Marie. Nous sommes tous unis dans une même prière de louange pour remercier le Seigneur. Marie est entrée corps et âme dans la gloire éternelle de Dieu auprès de son fils ressuscité. C'est une fête exceptionnelle à laquelle tous les chrétiens sont invités. En ce jour, nous sommes tous unis dans une même prière pour remercier le Seigneur.
La bonne nouvelle de ce jour, c'est que Marie n'a fait que nous précéder. Ce bonheur qui est le sien, nous y sommes tous appelés. Ce que Dieu a réalisé pour Marie, nous est également destiné. Notre vie dans le monde est une marche vers le ciel, un pèlerinage au cours duquel nous avançons dans la foi vers ce bonheur, cette grande fête que Dieu nous prépare. Et tout au long de notre route, nous pouvons compter sur elle : En effet depuis son entrée dans le monde de Dieu, elle est notre avocate, notre intermédiaire, notre guide, notre secours et notre lumière.
Quand tout va mal, Marie est là pour nous aider à traverser l'épreuve. Elle prie pour nous et avec nous. Et quand nous tombons au plus bas, elle se baisse pour nous ramasser. Elle ne craint rien, ni notre péché ni notre douleur. Elle est la femme forte, celle qui a misé toute sa vie sur l'Amour et elle est là pour nous remettre debout. Elle infuse en nous le désir de vivre des buts dignes de nous.
Aujourd'hui, nous avons écouté l'épisode de la Visitation avec cette prière du Magnificat et aussi une partie du « Je vous salue Marie ». Aucune autre page des évangiles ne contient autant de paroles de Marie. C'est un moment important de la vie de Marie. Nous la voyons partir en toute hâte chez sa cousine Elisabeth enceinte du futur Jean Baptiste. Elle s'y rend pour l'aider mais aussi pour partager sa joie. Elle a beaucoup marché pour rejoindre Elisabeth car elle savait que celle-ci avait besoin d'elle. Il lui fallait une "aide ménagère" capable de communier au miraculeux bonheur de la vie.
La Vierge n'a pas changé. Si nous l'appelons, elle court toujours vers nous. Et Jésus est toujours avec elle. Bien sûr, nous ne sommes pas Elisabeth. Marie n'est pas notre cousine. Mais elle est beaucoup mieux. Elle est notre Mère. C'est Jésus qui l'a voulu ainsi quand elle était avec lui au pied de la croix. Jésus s'est adressé au "disciple qu'il aimait" pour lui dire : "Voici ta Mère". Et il dit à Marie : "Voici ton fils". Nous sommes tous les disciples bien-aimés de Jésus. En même temps, Jésus nous confie sa Mère et il nous demande de la prendre chez nous. Nous sommes invités à l'accueillir avec beaucoup de respect et surtout beaucoup d'amour. N'hésitons pas à lui ouvrir la porte de notre vie et de notre cœur. Marie est le plus sûr chemin pour apprendre à connaître et aimer Jésus.
Nous pouvons toujours compter sur Marie quand la souffrance dépasse le supportable. Elle voit nos besoins et elle entend notre prière. Aux noces de Cana, elle était auprès de Jésus pour lui dire : "Ils n'ont plus de vin." Aujourd'hui, c'est une autre prière : Il n'y a plus de joie, il n'y a plus d'amour. Nous pouvons lui confier toutes nos souffrances et celles de notre monde. Alors elle ne cesse de nous renvoyer à son fils pour nous redire : "Faites tout ce qu'il vous dira.
La Vierge Marie est venue dans notre vie. Comme pour Elisabeth, elle vient toujours. La Visitation dans notre vie, c'est quand une personne vient à nous avec Jésus en elle. C'est aussi quand nous allons en toute hâte vers les autres avec Jésus en nous. Visiter, c'est porter en soi ce Dieu qui est l'Amour. C'est le faire resplendir dans la mesure où il nous habite. Ce n'est pas nous qui aimons. C'est lui qui aime en nous et par nous.
Certaines religions et surtout les sectes s'appuient sur la Bible pour nous reprocher de donner une trop grande place à Marie dans notre vie chrétienne. Et pourtant, dans le récit de l'annonciation, ce n'est pas nous qui avons commencé à dire à Marie : "Réjouis-toi comblée de grâces, le Seigneur est avec toi…" C'est l'ange Gabriel qui lui a adressé cette salutation de la part de Dieu. Alors qui sommes-nous pour lui refuser cet honneur que Dieu lui fait ?
Dans toutes les familles, les enfants s'organisent en grand secret pour fêter leur maman. A plus forte raison, nous enfants de Dieu, nous devons fêter notre Mère du ciel, l'honorer et lui dire toute notre reconnaissance. Chacun peut chercher en son cœur des idées de cadeau, un compliment bien tourné, un pèlerinage dans un sanctuaire, un temps de prière avec le chapelet. A nous de voir ce qui pourrait lui faire plaisir et que nous pourrions lui offrir.
En ce jour, nous nous réjouissons de la gloire de Marie, la mère du Seigneur car nous savons qu'elle est aussi notre mère et que sa prière maternelle nous est d'un grand secours. Cette fête de l'Assomption de la Vierge Marie doit raviver notre foi, notre lien profond avec Jésus Christ, notre désir de le suivre sur le chemin vers la Maison du Père. Prions ensemble le Seigneur. Qu'il nous accorde par l'intercession de Marie élevée au ciel de parvenir à la gloire de la résurrection.
Jean C. (D'après diverses sources)



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mardi, juillet 24, 2007

17ème dimanche du temps ordinaire

17ème dimanche du temps ordinaire 
Première Lecture
Psaume
Deuxième Lecture
Evangile
"Priez avec persévérance", nous dit Jésus. Abraham nous montre l'exemple. La première lecture nous le décrit dans une conversation familière avec Dieu. Abraham marchande le pardon de Dieu pour Sodome, la ville pécheresse. Abraham ne prie pas pour lui; il ne se décourage pas. Sans doute, Dieu doit-il faire justice; mais il est aussi miséricorde. Et Abraham insiste: pour dix justes...

Mais si nous regardons d'autres textes bibliques, nous découvrons qu'Abraham aurait pu aller bien plus loin dans sa prière. Le prophète Jérémie fera ce pas en pensant qu'un seul juste suffira : « Parcourez toutes les rues de Jérusalem, dit-il,… cherchez sur les places… y en a-t-il un seul qui défende le droit et la justice ? Alors, je pardonnerai à la ville. » (Jr 5.1)

Finalement, les villes de Sodome et Gomorrhe ont été détruites. La question n'est pas de savoir si cela s'est réellement passé ainsi. Il a pu y avoir une catastrophe, par exemple à cause du pétrole. Mais le plus important est ailleurs. Il est dans le fait que Dieu apprécie que l'homme intercède pour ses frères. Nous l'avons vu aussi pour Moïse. Quand son peuple s'est fabriqué un veau d'or pour l'adorer, Moïse s'est mis à supplier Dieu de pardonner.

Il faut arriver à l'évangile pour trouver le seul véritable juste. Le pardon qu'il obtient ne vise plus une ville mais l'humanité toute entière. La deuxième prière eucharistique de la réconciliation nous fait dire : « ton Fils, le seul juste s'est livré entre nos mains et fut cloué sur une croix. » C'est donc grâce à lui que tous les hommes de tous les temps peuvent être sauvés. Telle est la manière de Dieu : Pour un seul juste, il pardonne à la multitude. Tel est aussi notre rôle à nous, disciples du Christ, malgré notre petit nombre. Nous devons comprendre que ce pardon n'est pas une question de chiffre mais une question d'amour et de vie offerte. Notre rôle c'est de vivre en justes avec Jésus, c'est aussi d'intercéder pour tous ceux qui nous entourent. Jésus nous demande d'être des priants, des intercesseurs pour la multitude.

La meilleure manière de prier c'est de nous mettre à l'école de Jésus, c'est de lui demander de nous apprendre à prier. Or voilà que Jésus nous lègue sa prière personnelle. Nous sommes admis à entrer dans sa prière. C'est vraiment une bonne nouvelle car si Jésus est là, c'est pour nous montrer seul le chemin qui conduit au Père. Il est lui-même le chemin, la vérité et la vie ; tous ceux qui essaient de prier doivent passer par lui.

Cette prière que Jésus nous enseigne nous tourne vers Dieu qui est Père, vers l'amour de son Nom. Quand la Bible nous parle du Nom, c'est la personne même de Dieu. Il importe que tous sachent à quel point il est un Père passionné d'amour pour ses enfants. Sanctifier le nom de Dieu, c'est reconnaître sa grandeur, l'immensité de son amour.
« Que ton règne vienne ! » C'est ce règne de Dieu qu'il nous faut chercher en priorité car il libère le monde et le cœur des hommes.
« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » Cette volonté de Dieu n'est pas celle d'un dictateur qui voudrait imposer sa loi. La volonté du Père c'est que tous les hommes soient sauvés.
« Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour ! » Nous pensons au pain qui nourrit le corps mais aussi à la Parole de Dieu qui nourrit notre foi. Nous les demandons à Dieu, pour nous-mêmes et pour les autres, parce que tout vient de lui. C'est lui qui nous fait vivre.
« Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » Nous savons tous combien il est difficile de pardonner. Quand nous avons été blessés par une personne que nous aimions bien, ça fait mal. Aujourd'hui, Jésus nous dit que Dieu pardonne toujours le premier. Il ouvre notre cœur et nous libère.
« Et ne nous soumets pas à la tentation mais délivre nous du mal. » En fait, dans cette phrase, il y a une difficulté de traduction. Etre tenté c'est vouloir se détourner de Dieu. Saint Jacques nous apporte une précision importante : « que nul ne dise : Ma tentation vient de Dieu ; Dieu ne peut être tenté de faire le mal et ne tente personne. Chacun est tenté par sa propre convoitise qui le tente et le séduit. » Cette demande signifie : « Ne nous laisse pas succomber à la tentation, celle du Tentateur qu'on appelle aussi le Diable. La plus grave de toutes les tentations c'est de douter de l'amour de Dieu.

Aujourd'hui, Jésus insiste beaucoup sur l'importance de la prière : « Demandez et vous recevrez ! » Il ne dit pas que nous recevrons exactement ce que nous aurons sollicité. Mais il ne s'offusquera jamais de ce que nous aurons demandé. Il nous aime tous comme ses enfants, même les exclus qui sont mis en marge de la société. Il sait de quoi nous avalons besoin avant que nous le lui demandions.

S'il nous demande d'insister c'est pour nous rendre aptes à recevoir bien plus que ce qu'il veut nous donner. En nous tournant vers Dieu, nous apprenons à nous ajuster à son amour. En nous approchant de lui, notre cœur s'ouvre à son Esprit Saint. Nos problèmes ne sont pas résolus pour autant. Mais nous ne sommes pas seuls. Nous les vivons avec lui.

Quand nous nous réunissons pour l'Eucharistie, le Seigneur est là pour nous apprendre à prier. Soyons inlassablement des suppliants, des intercesseurs pour ce monde pécheur. Que notre prière soit vraiment universelle, missionnaire et que toute notre vie soit prière au milieu des hommes afin qu'ils soient sauvés. AMEN



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lundi, juillet 16, 2007

16ème dimanche du temps ordinaire

16ème dimanche du temps ordinaire 
Première Lecture
Psaume
Deuxième Lecture
Evangile
La première lecture et l'évangile nous parlent de visiteurs qui arrivent à l'improviste dans une maison. Cela nous arrive à nous aussi, surtout en cette période de vacances. Des parents ou amis de passage s'arrêtent chez nous. En général, nous aimons bien que cela soit prévu mais si cela n'est pas le cas, nous faisons tout notre possible pour les accueillir de notre mieux et leur témoigner ainsi toute notre amitié. Dans les textes de ce dimanche, c'est Dieu lui-même qui s'invite chez Abraham puis chez Marthe et Marie. L'accueil qu'il y a reçu nous renvoie à nous-mêmes. Comment allons-nous accueillir Dieu dans notre vie ?

L'Evangile nous montre Jésus pendant sa montée vers Jérusalem. En cours de route, il fait une halte chez Marthe et Marie. Chacune l'accueille de son mieux. Marthe donne le meilleur d'elle-même au service de la table. Marie reste au pied du Seigneur pour l'écouter. Ne nous trompons pas sur le message de cet évangile. Son but n'est pas seulement de nous donner des consignes sur l'hospitalité. Ce qu'il veut surtout nous faire découvrir c'est que Dieu est là. Il frappe à notre porte et il attend que nous lui ouvrions. C'est ce qui apparait aussi dans la 1ère lecture. A travers ces trois mystérieux visiteurs qui sont accueillis par Abraham, c'est le Seigneur qui demande l'hospitalité et qui vient s'asseoir à la table de celui qui veut bien le recevoir.

C'est donc cet invité de marque qui est au centre de la 1ère lecture et de l'évangile. Nous le retrouvons tout au long de la Bible. Il se tient aussi à la porte et il frappe. Bien sûr, il ne va pas forcer notre liberté ; mais il attend de chacun de nous une réponse libre et aimante, une réponse qui vienne d'abord de notre cœur.

Pour Abraham comme pour Marthe, il s'agit d'une hospitalité qui ne ménage pas sa peine. Pour recevoir ainsi, il ne faut pas craindre d'être dérangé dans son emploi du temps. Il faut trouver la délicatesse et la disponibilité qui font que l'arrivant se sent vraiment attendu. Nous le voyons dans l'attitude d'Abraham qui ne se contente pas de se donner de la peine pour préparer un bon repas pour ses hôtes. Il se tient debout pour écouter car il a compris que c'est Dieu qui vient le visiter.

Contrairement à Abraham, Marthe ne trouve pas le temps de rester auprès de Jésus pour l'écouter. Et pourtant, nous comprenons bien que pour un accueil de qualité, l'organisation matérielle ne suffit pas. Le plus important c'est d'abord la qualité de la relation entre celui qui reçoit et celui qui est reçu. Jésus le lui fait remarquer : elle s'inquiète et s'agite ; ce n'est pas bon car elle passe à côté de la vraie priorité.

Ce qui est premier pour Jésus c'est que l'on accueille sa parole. Rappelons-nous la parabole du semeur. Il s'agit d'un homme qui sème du grain. Ce grain qui représente la Parole de Dieu est semé partout. Une partie est tombée dans les épines et les ronces. En nous racontant cette parabole et en la commentant, Jésus nous fait comprendre comment cette parole de Dieu peut être étouffée par l'enfermement dans les soucis de la vie. (Luc 8.14) C'est ce danger que Jésus voudrait éviter à Marthe.

Nous savons bien que les gens accaparés par les multiples soins du service ont du mal pour parler gratuitement à leur hôte. « Marie, assise au pied du Seigneur, écoutait sa parole. » Elle apprécie à sa juste valeur ce moment de bonheur qui lui permet d'entendre et d'accueillir la parole de Jésus sur le ton de la confidence. Nous ne savons rien sur le contenu de la conversation et c'est vraiment dommage. Mais ce que nous avons, c'est la réponse de Jésus à l'impatience de Marthe : « Marie a choisi le meilleure part : Elle ne lui sera pas enlevée »

Entendons-nous bien, la meilleure part ce n'est pas de rester à ne rien faire. Le service de Marthe est absolument essentiel. Dieu nous appelle aussi à servir, à agir pour lui et pour la mission dans l'Eglise et dans le monde. Il est également essentiel que chacun fasse tout son possible pour lutter contre la misère, la famine, la violence. Nous avons beaucoup à faire pour construire un monde plus juste et plus fraternel.

La meilleure part c'est d'être avec Jésus, d'écouter sa Parole et de la mettre en pratique en y mettant tout notre amour. C'est l'attention du cœur qui changera notre vie en profondeur. Marthe n'en est pas exclue. Elle aussi est appelée à écouter Jésus au coeur de ses soucis et de ses tracas. C'est Jésus qu'elle accueille dans la plus pauvre de ses hôtes.

Nous n'avons pas à choisir entre Marthe et Marie, entre le service et la prière. C'est lui Jésus qui nous choisit pour que nous demeurions en sa présence. Que nous soyons plutôt comme Marthe ou plutôt du côté de Marie, c'est toujours la meilleure part qui nous revient, c'est toujours la joie de nous retrouver auprès de Jésus.

Béthanie, c'est aussi dans nos églises le dimanche. Que ce soit aussi chez nous chaque jour ! Que nos maisons, nos familles, nos villages soient des lieux où chacun se sent accueilli et aimé comme un frère à la manière du Christ. A travers eux, c'est le Seigneur qui frappe à notre porte. Sachons le recevoir et l'accueillir sans réticence et sans retour en arrière.
D'après diverses sources
Jean Compazieu, prêtre de l'Aveyron ( 22/07/2007)
 


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mardi, juin 26, 2007

14ème dimanche du temps ordinaire.

14ème dimanche du temps ordinaireLectures : http://cnpl.cef.fr/Bible/lectures_jour_get.php?20070708Cette page d’évangile nous rappelle une fois de plus l’urgence de la mission ; nous les baptisés, nous sommes tous envoyés pour annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile. C’est une mission qui nous incombe à tous, là où nous sommes. Personne n’en est dispensé. Voyons de plus près ce que Jésus nous en dit. Saint Luc nous parle des 72 que Jésus envoie en mission. 72 c’est un chiffre symbolique. A l’époque de Jésus, cela représentait le nombre de nations païennes d’après l’Ancien Testament : cela signifie que la mission vise donc la terre entière. Le sens est clair : Tous sont envoyés en mission pour faire connaître Jésus. Un baptisé ne peut pas se contenter d’un programme minimum avec quelques gestes religieux de temps en temps. Un programme minimum, c’est toujours très décevant. Que dirait-on si un couple ou une famille adoptait ce mode de vie ? Ce qui est premier, c’est que Dieu est passionné d’amour pour l’humanité. Tout baptisé est appelé à répondre à cet amour et à en témoigner. Un chrétien ne peut être qu’un passionné. Dieu n’a que faire des tièdes et des indifférents. Le Christ compte sur chacun de nous et il nous envoie comme il a envoyé les 72. Les 72 sont donc envoyés en avant pour préparer le chemin de Jésus là où il doit passer. Tout cela nous rappelle que la mission n’est pas d’abord notre œuvre mais celle du Jésus qui parle au cœur des hommes. Il nous précède mais il a besoin des hommes pour témoigner de lui. Or la tâche est immense et les ouvriers sont peu nombreux. La mission nous dépasse. Nous, chrétiens, nous ne serons jamais à la hauteur du témoignage à rendre.A ses envoyés, Jésus ne demande pas d’en faire un peu plus ; ce qu’il leur demande c’est de prier le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. Il faut sans doute plus de prêtres, mais aussi plus de laïcs engagés, des parents qui portent vraiment le souci de l’éducation chrétienne de leurs enfants, des catéchistes, des animateurs de paroisses, des chrétiens qui ont vraiment le souci de témoigner de leur foi là où ils vivent.C’est à cette intention que Jésus nous demande de prier, pour que chaque chrétien se sente vraiment appelé à la mission. Dans l’Église, c’est un peu comme dans un corps ; chaque membre est différent, mais il faut que chacun remplisse bien sa fonction sinon c’est tout le corps qui en souffre. Si dans une communauté chrétienne, il y a des gens qui n’ont pas ce souci de témoigner de leur foi, c’est toute la communauté qui en souffre.Dans la cérémonie du baptême, il y a un beau geste qui consiste à recevoir la lumière et à la transmettre. Etre chrétien, être baptisé, c’est accueillir Jésus dans notre vie et le communiquer autour de nous. S’il n’y a pas cet amour passionné du Christ dans notre vie, nous ne pouvons pas dire que nous sommes chrétiens. Nous pouvons mentir aux hommes, mais nous ne pouvons pas mentir à Dieu. Un jour, nous aurons à lui rendre compte de nos responsabilités.Nous sommes donc envoyés par Jésus lui-même. Il n’est pas question de faire des grands discours mais tout simplement d’apporter la paix de Dieu, d’être en contact avec les gens, de vivre en communion avec eux, de partager avec eux. A travers toutes ces relations humaines, il s’agit de sauver, de témoigner de ce Dieu amour qui nous fait vivre.Ce témoignage, nous le portons ensemble, les uns avec les autres. Rappelons-nous les paroles de Jésus : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que vous serez reconnus pour mes disciples. Des chrétiens divisés entre eux ne peuvent que porter un contre témoignage. C’est ce que Jésus veut nous faire comprendre quand il envoie ses disciples deux par deux.En cette période de vacances, nous rencontrons beaucoup de gens très différents. Essayons, là où nous sommes de vivre la parole de Jésus. C’est lui qui nous envoie. Entrons en contact les uns avec les autres. N’ayons pas peur de rendre compte de la foi et de l’espérance qui nous anime. Cet appel s’adresse à tous ceux qui sont en vacances et à ceux qui travaillent, aux malades et aux bien-portants, aux jeunes et aux adultes. Tous, qui que nous soyons, nous sommes envoyés les uns avec les autres pour annoncer le règne de Dieu.Et si nous sommes reliés au Christ par la prière et les sacrements, nous sommes sûrs que notre témoignage portera du fruit. En célébrant ce baptême de Paul, nous nous interrogeons sur ce que nous avons fait de notre baptême. Demandons au Seigneur qu’il nous donne force, courage et disponibilité pour la mission qu’il nous confie.

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13ème dimanche du temps ordinaire.

13ème dimanche du temps ordinaireLectures : http://cnpl.cef.fr/Bible/lectures_jour_get.php?20070701En ce début de l'été, nous arrivons a terme d'une année scolaire et pastorale. Ceux qui le peuvent pensent aux vacances. Ils ont besoin de souffler, de laisser momentanément de côté leurs soucis, leurs responsabilités, leurs problèmes. Pour eux, ce n'est pas le moment de relancer des appels et de remettre en chantier des activités nouvelles. Et pourtant, ces lectures d'aujourd'hui ne cherchent pas à calmer le jeu. Elles nous parlent d'appel, de décision ferme, de mise en route. Notre Dieu ne prend pas des vacances. Il ne cesse jamais d'appeler et d'embaucher. Son appel s'adresse à tous et il nous rejoint aujourd'hui dans la situation qui est la nôtre.Nous avons d'abord l'appel d'Elie puis celui d'Elisée son successeur. Ces deux grands prophètes sont envoyés pour rappeler au peuple que la fidélité à Dieu est une priorité absolue. Ils lui consacrent toute leur vie et toutes leurs énergies. Ce peuple s’est détourné de son Dieu. Alors ils vont tout faire pour l’appeler à se convertir et à revenir vers lui.Elisée est en train de labourer son champ. Quand Dieu appelle c’est au cœur de notre vie quotidienne, de notre travail, de nos occupations. Et c’est très souvent au moment où on s’y attend le moins. En jetant son manteau sur les épaules d’Elisée, Elie l’appelle à participer à sa mission. Celle-ci impliquera un choix, une rupture avec son ancienne vie. En sacrifiant ses bœufs et son attelage, Elisée se rend totalement disponible. Plus rien ne le retient. Pour lui c’est une nouvelle vie qui commence, une vie totalement consacrée à la mission.L’évangile nous montre Jésus montant vers Jérusalem. Il se dirige vers le lieu où il va être « enlevé de ce monde. » Le texte nous dit qu’il prend la route « avec courage. » Cette traduction est trop faible. Il faudrait traduire : « Il durcit son visage » un peu comme les coureurs cyclistes quand ils grimpent une côte. Ce qui est important c’est de savoir que Jésus ne se dérobe pas à sa mission. Il veut être fidèle à son Père jusqu’au bout.Et surtout, Jésus ne veut pas que l’on fasse d’erreur sur ce qu’il est. Au cours de leur montée à Jérusalem, le groupe qui l’accompagne se trouve face à un village de samaritains qui refuse de les recevoir. Les disciples se souviennent d’Elie qui a fait tomber le feu du ciel sur les ennemis de Dieu. Or il y a ici bien plus grand qu’Elie. Mais justement, parce qu’il est plus grand, Jésus ne veut pas de ça ; lui qui est l’Amour et qui ne cesse de nous parler de l’Amour du Père, ne peut envisager des solutions de violence. Il ne s’agit pas de suivre notre idée mais de répondre à l’appel de Dieu.Or voilà qu’en cours de route, de possibles disciples viennent lui proposer leurs services. La réponse que Jésus fait au premier ne laisse pas de doute sur ce qui les attend : « les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l’Homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête. » Ce Messie mène une vie itinérante et pauvre. Il est souvent rejeté. Aujourd’hui on dirait que c’est un « sans domicile fixe. » Jésus avertit ceux qui veulent le suivre qu’ils doivent savoir à quoi s’en tenir.Le deuxième voudrait d’abord aller enterrer son père qui vient de mourir. Dans ce pays chaud, il suffit de quelques heures. Mais la réponse de Jésus est sans appel : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu. » De la part de Jésus qui est si respectueux de la loi juive, de tels propos peuvent choquer. Mais il nous fait comprendre que l’annonce du Royaume exige une détermination sans faille.Le troisième appelé veut d’abord faire ses adieux aux gens de sa maison. Il demande un délai. Mais l’appel du Christ c’est une urgence absolue ; c’est aussi un arrachement. C’est ce que Jésus lui-même a vécu : Il a quitté le confort de sa maison familiale de Nazareth, il a vécu de nombreux arrachements qui l’ont conduit jusqu’au don de sa vie.Toutes ces paroles qui nous parlent d’appel, d’engagement, de décision ferme et de mise en route sont aussi pour nous. Dieu ne prend pas de vacances. Il ne cesse pas d’embaucher. Son appel est à destination de tous et de chacun. La période d'été nous permet des rencontres, des échanges avec des personnes que nous ne rencontrons pas le reste de l'année. Le Seigneur nous appelle et nous envoie dans le monde pour que nous y soyons les témoins de son amour.Par notre baptême, nous sommes tous consacrés comme prophètes et apôtres de ce monde. C’est dans notre vie de tous les jours, dans notre travail, nos loisirs, nos vacances, que nous avons à témoigner de cette bonne nouvelle. Il est urgent qu’elle rejoigne chacun là où il en est. Le Seigneur ne cesse d’appeler des prêtres, des parents, des enfants, des malades et des bien portants. Nous sommes tous envoyés pour donner le meilleur de nous-mêmes sans regarder en arrière. Le dimanche, nous sommes tous appelés à nous rassembler pour nourrir notre foi, notre espérance et notre amour. Soyons en les témoins fidèles et passionnés.

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mercredi, juin 06, 2007

Fête du Corps et du Sang du Christ.

Fête du Corps et du Sang du Christ. 
Première Lecture
Psaume
Deuxième Lecture
Evangile
Cette fête du Sait Sacrement, c'est celle de Jésus Pain de Vie. C'est cela que nous célébrons en chaque Eucharistie. Ce n'est pas nous qui avons inventé la messe. Saint Paul nous rappelle que nous la recevons des apôtres : "Je vous ai transmis ce que j'ai reçu de la tradition qui vient du Seigneur." (1 Co. 11, 23) Pour entrer dans ce mystère, il nous faut revenir à l'évangile de ce dimanche.

Le Christ est Pain de Vie par son message et sa Parole : "Jésus parlait du Règne de Dieu à la foule." Pour lui, c'était sa grande priorité car "l'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu". (Mt 4. 4) Cette Parole, ce n'est pas seulement des discours mais aussi des actes concrets. En guérissant les malades, il vise à la guérison des cœurs ; il veut libérer l'homme de son péché. La Parole de Dieu est une parole qui agit et qui porte du fruit. Elle est libératrice. Elle vient nous révéler notre dignité d'enfants de Dieu.

Puis vient le signe qui évoque une autre nourriture, celle que Jésus a donnée au soir du Jeudi Saint. Ce récit de la multiplication des Pains, nous le connaissons bien parce que nous l'avons entendu souvent. Mais il nous faut y regarder de plus près. Nous y découvrons alors que les gestes de Jésus sont les mêmes qu'à la Cène le Jeudi Saint : "Il prit les pains et les poissons, et levant les yeux au ciel, il les bénit, les rompit et les donna." Voilà quatre verbes que nous retrouvons en chacune de nos Eucharisties. Par con Corps, Jésus se donne en nourriture pour la Vie Eternelle. En prenant part à ce Repas, nous alimentons notre foi. Nous accueillons la nourriture qui guérit nos fragilités et nos lassitudes. C'est donc LE grand événement de la semaine. Et pourtant, il est surprenant de voir certaines assemblées de plus en plus réduites. Beaucoup ont oublié que les merveilles de l'Eucharistie s'accomplissent pour nous et pour la multitude. Il y a sûrement beaucoup de choses à améliorer pour rendre nos messes plus vivantes. Mais le vrai problème se situe au niveau de la foi. Si nous voulons mettre Jésus au cœur de nos vies, nous ne pouvons pas laisser de côté certaines parties de son message.

L'Evangile de ce jour nous montre le Christ devant une foule qui a faim. Les Douze se rendent compte de la situation mais sont complètement désemparés. Alors Jésus prend les choses en main : "Faites-les asseoir par groupes de cinquante." Cette précision ne vise pas seulement un détail d'organisation. Jésus rassemble des gens errants et anonymes pour en faire une assemblée de convives. Ils étaient comme des bergers sans brebis. Ils deviennent un rassemblement annonciateur de l'église et de ses ministères. Ce don de Dieu est une annonce des "Noces de l'Agneau" à la fin des temps. Ce jour-là, l'humanité rassemblée s'assoira à la Table du Royaume.

Rassembler et unir dans l'Église reste une tâche essentielle pour les disciples du Christ. Cette mission a été confiée aux ministres ordonnés et mandatés pour être signes et artisans d'unité. Mais ils ne sont pas seuls à la remplir. C'est toute la communauté chrétienne qui doit veiller à être accueillante et au service de tous. L'attention aux plus faibles et aux plus pauvres doit être prioritaire pour un disciple du Christ. Saint Luc note que les Douze distribuèrent les pains et les poissons "à tout le monde." Voilà un défi important pour notre société qui engendre de graves inégalités. Nous chrétiens, nous ne pouvons pas laisser les plus faibles et les plus pauvres au bord de la route, sinon nous oublions que l'Evangile c'est la Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres. Ils ont la première place dans le cœur de Dieu.

Cette mission est fortement soulignée en ce dimanche. L'Evangéliste nous décrit l'activité des apôtres : Jésus les met devant leurs responsabilités : "Donnez-leur vous-mêmes à manger." Il leur confie le soin d'organiser la foule, de distribuer la nourriture et de ramasser les morceaux qui restent. C'est bien cela le rôle des ouvriers de l'Evangile. Le signe de la multiplication des pains doit être compris comme un envoi en mission pour chaque baptisé. Nous sommes tous appelés à être des serveurs et pas seulement des servis.

Bien sûr, nous sommes tentés parfois de nous défiler, de nous dire que nous n'avons pas les moyens, que nous ne sommes pas assez nombreux face à l'immensité des besoins. Mais le Seigneur nous renvoie sans cesse à cette question : « Combien de pains avez-vous ? » Et il nous dit que ce que nous avons c'est bien peu mais cela lui suffit pour réaliser de grandes choses. La seule condition c'est que nous lui donnions la petite part de nous-même. Puis quand le repas est terminé, vient un autre service : ramasser soigneusement ce qui reste. En effet, il y aura encore d'autres foules à nourrir. Tout au long des siècles, il faudra continuer à distribuer les dons de Dieu.

En célébrant l'Eucharistie, tournons-nous ensemble vers le Seigneur. Qu'il nous aide à entrer plus pleinement dans ce mouvement de don total de nous-mêmes avec lui et par lui. Que notre don soit de plus en plus à la mesure de celui qui a tout donné de lui-même pour notre vie et pour la gloire du Père.
D'après diverses sources.
Jean Compazieu, prêtre de l'Aveyron ( 10/06/2007)



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